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"Marché de l’art – Chapitre 6 - Les ateliers d'artistes, pour l’atmosphère et pour acheter sans intermédiaire"

"Marché de l’art – Chapitre 6 - Les ateliers d'artistes, pour l’atmosphère et pour acheter sans intermédiaire"

Approcher les artistes en dehors des musées et des galeries d’art, les découvrir dans leur espace de création, c’est possible. Les portes ouvertes des établissements d’artistes sont des événements à surveiller. 

 

Les regroupements d’artistes dans des immeubles à caractère commercial ou industriel ont démarré avec la nécessité pour eux de trouver de grands locaux à bon prix. Ils ont mené à l’avènement des « portes ouvertes » en réponse au besoin pressant des artistes d’élargir les publics qui fréquentent l’art. Ces regroupements font aussi souvent partie du processus plus large de construction de l’identité et du statut professionnel de l’artiste. Le simple fait d’occuper un atelier dans un édifice reconnu par le milieu professionnel attire la reconnaissance des pairs. Tous s’y côtoient, de l’artiste émergent qui présente ses premières d'œuvres au professionnel bien établi en arts visuels en passant par le dilettante. 

 

Ces immeubles avec ateliers font souvent l’objet de visites guidées et de promenades organisées. C’est une bonne façon de faire un tour rapide des ateliers pour prendre connaissance de ce qu’il y a. On peut ensuite retourner voir les artistes dont le travail nous a accrochés, car ces virées transforment les ateliers en « places d’affaires » avec l’avantage de pouvoir acheter sans intermédiaire. Le plus souvent, ces portes ouvertes donnent de la visibilité aux artistes qui ne sont pas représentés par une galerie d’art, ce qui est la situation de la plupart d’entre eux. Les artistes plus connus, comme un Marc Séguin ou un David Altmejd, nos vedettes actuelles, ou ceux qui ont fait le choix de se faire représenter par une galerie seront moins à l’aise avec l’idée d’ouvrir leur porte au grand public, car ils doivent normalement vendre exclusivement par l’entremise de leur galeriste. 

 

New York

À partir des années 1950, l’hégémonie en arts visuels s’est déplacée de Paris à New York avec le coup d’envoi donné par l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock et de Willem de Kooning. Cela amène les artistes peintres à prendre la direction de SoHo entre 1955 et 1965, pour les grands locaux avec hauts plafonds et ascenseurs des usines de textile désaffectées qui s’y trouvent. Dans ces immenses ateliers, ils peuvent produire des tableaux aux dimensions jusque-là inégalées, preuve de la richesse des États-Unis. 

 

Aucune ville n’a pu répéter le succès de SoHo, pas même New York. La crise financière de la fin 

des années 1980 et un projet d’autoroute qui ne se réalisera jamais amènent, d’une part, les galeries à se transporter à Chelsea un peu plus au nord de SoHo et, d’autre part, les artistes à migrer plutôt vers Brooklyn. Encore de nos jours, Brooklyn demeure un pôle d’attraction pour les artistes. C’est là, par exemple, qu’a choisi de s’installer le peintre Marc Séguin.

Représentatif de l’effervescence artistique de Brooklyn, Bushwick Open Studios (BOS) est depuis 2006 le plus grand événement portes ouvertes de New York. Le quartier se transforme en une grande place de festival auquel des milliers d’artistes et galeries d’art participent. Ce festival culturel a lieu au tout début d’octobre.

 
 
  Atelier Paul Cézanne, Aix-en-Provence

Atelier Paul Cézanne, Aix-en-Provence

 
 

Paris

À paris, les artistes se sont d’abord établis dans les environs du Louvre,  puis sur la Rive-Gauche, près de Saint-Germain-des-Prés. À partir de 1870, ils sont revenus sur la Rive-Droite, à Montmartre, avant de changer de nouveau de rive, pour Montparnasse, dans les années 1920. La Deuxième Guerre mondiale allait mettre fin à cet âge d’or parisien où ateliers, galeries et cafés étaient devenus, du moins se plaît-on à l’écrire, les lieux magiques d’une nouvelle créativité.

La capitale compte maintenant de nombreux ateliers d’artistes à Belleville, à Ménilmontant et autour du cimetière du Père-Lachaise. Les peintres, les sculpteurs et autres créateurs y ouvrent régulièrement leurs portes au grand public qui, du même souffle, peut découvrir des lieux chargés d’histoire. Généralement, les ateliers d’artistes sont réunis en associations par quartier qui fournissent des plans et des parcours guidés, actualisés chaque année.
 

Plusieurs formules coexistent : 

En avril se tiennent les Journées européennes des métiers d’art
Les journées des Ateliers du Père-Lachaise associés ont lieu au début de mai. 
Avec 120 lieux et 250 artistes, Les ateliers d’artistes de Belleville sont les plus importants de Paris. Leurs journées portes ouvertes se tiennent le dernier week-end de mai.
Les Frigos, ancien bâtiment frigorifique construit en 1921, puis désaffecté et loué depuis 1980 à des artisans et artistes, sont également ouverts à la fin de mai. 
Fin septembre, c’est au tour des Ateliers de Ménilmontant d’accueillir le public dans leur local associatif. 

Dans le quartier de Montmartre, Cité Montmartre-aux-artistes est un îlot artistique de 180 ateliers à visiter au mois d’octobre. Les artisans d’art ouvrent également leurs portes plusieurs fois par an, notamment au Viaduc des Arts.

Enfin, les écoles d’art de Paris ouvrent elles aussi gratuitement leurs espaces lors de leurs traditionnelles journées portes ouvertes annuelles. Les visiteurs y trouvent les créations des étudiants de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts ou encore de l’École Boulle.


Beijing (Pékin)

Les artistes chinois actuels jouissent d’un rayonnement international sans précédent avec des artistes comme Qui jie, les frères Gao ou Cang Xin dont les œuvres ont été exposées à l’Arsenal à Montréal en 2013. 
 

Le quartier de Qijiuba

Il est possible de rencontrer la relève dans les ateliers de Beijing du quartier de Qijiuba. En 2003, le Time Magazine a inclus ce quartier parmi les 22 sites les plus marquants de la planète. De nombreuses expositions de rang international y sont organisées. Ces dernières années, le site a attiré l’attention d’un public de plus en plus large, dans le monde entier, au point de devenir l’un des sites culturels majeurs de la capitale.

Le quartier de Qijiuba (798) se trouve dans le nord-est de Pékin. Le nom fait référence à une ancienne usine des années 1950 qui se trouvait sur le site et qu’on appelait Ateliers 798 (ces trois chiffres se prononçant respectivement en chinois qi, jiu et ba). Attirés par le style Bauhaus unique des bâtiments et par l’espace disponible, des artistes et des designers de plus en plus nombreux ont commencé à y installer leurs ateliers à partir de 2001.

On y trouve aujourd’hui plus de 100 lieux culturels réunis dans un périmètre d’un kilomètre carré : des maisons d’édition, des agences d’architecture et de design, des ateliers de mode, des agences de décoration d’intérieur, des sociétés de production spécialisées dans la musique et le cinéma, des ateliers d’artistes, auxquels il faut ajouter des clubs, des restaurants, des librairies, des centres de yoga, etc. C’est ouvert tous les jours. On peut s’y rendre en voiture, mais pour y être allée moi-même, je sais que c’est parfaitement accessible par métro et autobus. 


Visites privées avec un guide : 

Une association de bénévoles dont la vocation est l'accueil et l'intégration des Français, des francophones et des francophiles à Pékin (http://www.pekin-accueil.com)  propose des visites guidées mensuelles d’ateliers d’artistes chinois avec madame Li Huang-Simon. Ingénieure de formation, elle a vécu 25 ans en France avant de s’installer en Chine. Elle assure le choix des artistes, la préparation des rencontres, la présentation des peintres et des sculpteurs et la traduction des échanges en français. On peut la joindre à lijys@yahoo.fr. 
 

Montréal

Malgré un fléchissement important du nombre d’ateliers et d’ateliers-résidences à Montréal depuis l’an 2000, il y en a encore beaucoup. Toutes proportions gardées, il y en aurait plus qu’à Minneapolis, Chicago, San Francisco et Philadelphie. Les regroupements d’ateliers se concentrent surtout dans les quartiers centraux, plusieurs dans quelques édifices phares. 

 
 
 Source : FAI MTL

Source : FAI MTL

 
 

Fin avril, le Festival des arts imprimés de Montréal au 5445, avenue de Gaspé, espace 105.
Au début de mai, La virée des ateliers créatifs aux 2065, 2205 et 2220, rue Parthenais. 
Des virées annuelles ont lieu au 3980-4030, rue Saint-Ambroise, dans le sud-ouest de la ville. 
Le Complexe du Canal Lachine au 4710, rue Saint-Ambroise, est devenu un immeuble phare par son importance et par sa stabilité. L’ancienne usine des pâtes Catelli du 305 Bellechasse est un autre chef-lieu de la peinture contemporaine montréalaise.

 

Partout, les artistes ont réhabilité des espaces urbains dégradés, ajoutant de la valeur aux quartiers où ils se sont installés. Cette prise de valeur entraîne bien souvent la conversion de leurs locaux en condominiums de luxe destinés à une clientèle branchée, heureuse de s’établir à un endroit fréquenté par les artistes. Paradoxalement, son arrivée fait fuir ceux dont elle veut se rapprocher. Les hausses de loyer finissent, en effet, par contraindre les artistes à quitter leur quartier et parfois même la ville pour la campagne. La prétendue revitalisation des promoteurs immobiliers et grands propriétaires fonciers n’est qu’un miroir aux alouettes. En définitive, ceux-ci transforment des lieux magiques de la création en adresses à la mode sans âme véritable.

Somme toute, les portes ouvertes d’ateliers sont des événements festifs qui créent plus souvent qu’autrement une onde de convivialité dans leurs quartiers respectifs. Les simples curieux comme les amateurs d’art y trouvent leur compte, ne serait-ce que pour l’atmosphère à la fois détendue et stimulante qui y règne.

 

Head image: Picasso in a room at 7 Rue des Grands-Augustin
by Alexander Liberman

 

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